Ce matin, se déroulait « la causerie » hebdomadaire organisée par la Direction des Ressources Humaines afin de maintenir un lien avec les Organisations Syndicales et ‘ »fluidifier » les relations sociales.

Ces réunions sont souvent l’occasion pour des représentants en mal d’existence d’occuper, si ce n’est le terrain, la communication hebdomadaire mais, rassurez vous, les informations diffusées n’ont rien de croustillant et les débats n’ont rien de constructifs.

Ce matin, contre tout attente, la DRH avait toutefois mis à l’ordre du jour un sujet d’actualité et intéressant, à savoir le sort de nos collègues âgés après le 11 mai et en particulier à la reprise de l’activité d’Adrexo, le 25 mai prochain.

En effet, prenons quelques chiffres :

  • L’age médian des personnes décédés en raison du covid-19 est de 84 ans.
  • 90% ont 65 ans et plus.
  • La surmortalité des personnes de plus de 65 ans et + est d’un tiers de plus par rapport à 2019 à la même époque.

Qui a dit qu’il n’y avait pas de question sur le confinement des personnes « âgées » ?

Ne vaudrait-il pas mieux un confinement avec l’organisation de contacts protégés ?

A partir de quel age est on « âgé » ?

Cette question a du sens pour tous les retraités mais peut s’avérer être une contrainte pour ceux qui doivent travailler et qui ont besoin de ce travail (et surtout du salaire).

Notre Président avait initialement (13 avril) annoncé vouloir prolonger le confinement pour ces personnes mais a finalement changé rapidement d’avis le 17 avril pour indiquer que ce confinement serait mis à l’appréciation des intéressés pour ne pas créer de différences entre les citoyens.

Il prend ainsi position contre le conseil scientifique qui souhaitait prolonger l’isolement des seniors.

Toutefois, l’état affirme qu’un confinement imposé aux seniors serait discriminatoire et que le Conseil d’Etat se serait empressé de le lever et qu’il n’est pas totalement idiot de faire confiance à ceux qui sont ciblés, qui pourront finalement, choisir, en connaissance de cause.

Il est indiqué que les gestes barrières suffisent souvent (hors milieu confiné) à empêcher la propagation du virus et qu’un senior saura aussi bien qu’un autre, faire le nécessaire.

Nous parlons bien entendu la de personnes autonomes et, en l’espèce, salariées d’Adrexo.

On sait que les personnes qui sont malades chroniques peuvent aussi être à risque, pourtant, personne n’a imaginé les confiner pour une durée indéterminée.

Le surpoids, le diabète, l’hypertension, et autres sont des causes possibles d’évolution négative de la maladie. La barbe, les cheveux sont des nids à virus permettant de le conserver plus longtemps.

Allons devoir confiner les seniors, les malades chroniques, les gros, les hypertendues, les barbus et les chevelus pendant les prochains mois et jusqu’à ce qu’un hypothétique vaccin vienne régler le problème peut être mi 2021 ?

Car si confinement il y a, il doit durer, le limiter à quelques semaines n’aurait aucun sens alors que le risque demeure par ailleurs.

Pour Adrexo, et les retraités qui composent une partie des effectifs, cette possibilité pose un problème de responsabilité mais une entreprise qui a contracté avec un retraité ne peut, pour ce seul motif, rompre le contrat ou le suspendre.

L’idée de laisser ces personnes en chômage partiel un peu plus longtemps se heurte à la même doctrine liée à la différentiation des individus, au surplus quand l’entreprise peut avoir du travail à donner à ces personnes.

Il semble évident que la responsabilité des intéressés les poussera à prendre un avis médical et que les services de santé au travail peuvent avoir un rôle à jouer dans cette reprise pour les salariés, dont l’état de santé nécessite une attention particulière.

NDLR : Pour les barbus et les hyper-chevelus, il nous parait toutefois inutile de faire appel aux services médicaux et, la encore, chacun prendra les dispositions qu’il estime nécessaires pour se protéger et protéger les autres.

Les mois prochains, les entreprises auront à satisfaire des besoins techniques de protection (gel, gants, masques, etc…), nécessaires et suffisants, mais les salariés devront également adopter de nouvelles habitudes et s’imposer de nouveaux gestes de protection.

Cet appel à la responsabilité personnelle est essentiel mais des sécurités doivent pouvoir empêcher des abus si un avis médical déconseille la reprise.

Il reste donc, pour ces personnes, un sujet à traiter avant le 25 mai !