C’est ainsi que la Cour de Cassation a tout récemment adapté sa jurisprudence à l’évolution des moyens techniques et à la possibilité, pour un salarié, qui est en dehors de ses horaires normaux de travail, d’être joint pour les besoins de l’entreprise.

La Cour de Cassation indique que peut importe que le salarié soit tenu d’être à son domicile ou pas, le simple fait qu’il ait à se rendre disponible vient qualifier la notion d’astreinte.

L’astreinte est consacrée dans le code du travail par l’article L.3121-9 du Code du Travail :

« Une période d’astreinte s’entend comme une période pendant laquelle le salarié, sans être sur son lieu de travail et sans être à la disposition permanente et immédiate de l’employeur, doit être en mesure d’intervenir pour accomplir un travail au service de l’entreprise.

La durée de cette intervention est considérée comme un temps de travail effectif.

La période d’astreinte fait l’objet d’une contrepartie, soit sous forme financière, soit sous forme de repos.

Les salariés concernés par des périodes d’astreinte sont informés de leur programmation individuelle dans un délai raisonnable. »

Désormais, et dans un arrêt du 20 janvier 2021 (Cass. soc. 20-1-2021 n° 19-10.956 FS-PI), la Cour considère que la souplesse d’organisation ne peut pas faire disparaitre la qualification d’astreinte.

Les seuls critères à prendre en compte sont qu’il soit joignable et qu’il soit disponible pour les besoins de l’entreprise.

Auparavant, il fallait, en plus, qu’il ne soit pas en mesure de vaquer à des occupations personnelles, ce qui n’est donc plus le cas désormais.

Pour Adrexo, les applications peuvent s’appliquer sur plusieurs domaines :

  • Pour les distributeurs, si votre manager vous demande d’être disponible à un moment pour répondre à ses besoins en termes de vérification des données qualité du courrier par exemple, ce temps pourrait être considérée comme une astreinte s’il est régulier et répétitif. Dans l’activité de livraison, il en est de même.
  • Pour les managers qui peuvent parfois avoir à organiser des réunions distantielles en dehors de leur temps de travail ou qui pourraient, prochainement, devoir répondre à des appels dans le cadre d’activité en développement comme le Drive to Home (livraison de courses en drive à domicile).

Pour rappel également, l’entreprise ne disposant pas de convention de forfait jours ou heures pour les cadres, les intéressés sont soumis à l’horaire collectif de travail soit 35 heures hebdomadaires.