Réforme des retraites : de quoi parle-t-on ?

La réforme proposée est complexe et nous allons tenter de vous donner quelques informations brutes pour faire une idée précise des différentes modifications qui pourraient intervenir.

Pour cette journée de mobilisation générale, nous vous invitons à rejoindre les rassemblements unitaires organisés par tout en France.

La réforme des retraites 2023 prévoit de mettre en place un calendrier progressif afin de faire passer la durée de cotisation à 43 années dès 2027.

C’est à dire 172 trimestres de cotisation à cumuler pour faire valoir ses droits à l’âge de 64 ans. 

Après l’éventuelle adoption de la réforme, 3 mois seraient ajoutés pour chaque année de naissance, à partir du deuxième semestre 1961 jusqu’aux personnes nées en 1968.

Après 1968, tous les futurs retraités devraient avoir 64 ans pour bénéficier d’une retraite à taux plein, hors exceptions et dispositifs de carrière longue.

Voici donc les principaux changements :

  • Recul de l’âge légal de départ de 62 à 64 ans,
  • Allongement de la durée de cotisation à 43 ans,
  • Création d’une retraite minimum à 85% du Smic : près de 1 200 euros,
  • Nouveau dispositif sur les carrières longues (départ plus tôt – voir ci-dessous),
  • Prise en compte différente de la pénibilité (élargissement du C2P),
  • Vers une suppression de certains régimes spéciaux (RATP, IEG),
  • Création d’un “​​index des séniors“,
  • L’âge d’annulation de la décote reste à 67 ans.

C’est assez précis et simple avec deux points importants, l’âge de départ qui passe à 64 ans et la durée de cotisation qui passe à 43 ans.

Actuellement, un salarié peut travailler au delà de 62 ans et ne pas prendre sa retraite, il peut alors bénéficier d’une “surcote”.

Qui serait concerné par la réforme des retraites en 2023 ?

Après le passage de 60 ans à 62 ans en 2010 (réforme Woerth), Emmanuel Macron souhaite passer à 64 ans avec une accélération de la durée de cotisation, qui atteindra 43 ans et 172 trimestres.

C’est la génération 1968 qui sera la première à devoir attendre 64 ans pour bénéficier d’une retraite à taux plein.

Voici le nouvel âge légal de départ, en fonction de votre année de naissance :

  • Génération 1961 : 62 ans et 3 mois, en 2023
  • Génération 1962 : 62 ans et 6 mois, en 2024
  • Génération 1963 : 62 ans et 9 mois, en 2025
  • Génération 1964 : 63 ans en 2026
  • Génération 1965 : 63 ans et 3 mois, en 2027
  • Génération 1966 : 63 ans et 6 mois, en 2028
  • Génération 1967 : 63 ans et 9 mois, en 2029
  • Génération 1968 : 64 ans en 2030

Les carrières longues ?

Le dispositif “carrières longues” permet déjà à ceux qui ont commencé à travailler jeune de prendre leur retraite plus tôt.

D’après les premières annonces du gouvernement ceux qui ont effectué une carrière longue pourront toujours prendre leur retraite avant 64 ans.

Dans le détail, si vous avez validé au moins cinq trimestres avant 20 ans (avec 44 ans de cotisation et 172 trimestres), il sera possible de partir à la retraite à :

  • 58 ans : si vous avez commencé à travailler à 14 ans
  • 59 ans : si vous avez commencé à travailler à 15 ans
  • 60 ans : si vous avez commencé à travailler à 16 ans
  • 61 ans : si vous avez commencé à travailler à 17 ans
  • 62 ans : si vous avez commencé à travailler entre 18 et 20 ans

Retraite minimum à 1 200 euros brut ?

À compter du 1er septembre 2023 le montant de la retraite minimale passerait à environ 1 200 euros par mois pour les nouveaux retraités, soit 85% du Smic (si ils ont suffisamment cotisés pour avoir une retraite à taux plein).

Pour pouvoir respecter ce principe, le minimum de pension serait indexé sur le Smic et non plus l’inflation.

Salariés, artisans, commerçants et agriculteurs seront concernés ainsi que les personnes déjà la retraite, mais sans doute plus tard.

Les nouveaux critères de pénibilité

L’accès au C2P (compte professionnel de prévention) devrait être élargi à de nouveaux salariés.

Ce système permet d’accumuler des points de manière à partir plus tôt à la retraite, en fonction de six critères de pénibilité :

  • le travail de nuit,
  • le travail en équipes successives alternantes,
  • le travail répétitif,
  • les activités en milieu hyperbare (sous l’eau, ou en réacteur nucléaire),
  • les températures extrêmes,
  • le bruit. 

Le port de charges lourdes, les postures pénibles et les vibrations mécaniques, critères de pénibilité qui avaient été abandonnés en 2017, ne seraient finalement pas réintégrés.

Pour ces derniers cas, les salariés concernés se verraient proposer un “suivi médical renforcé” à partir de la mi-carrière,

Sur avis médical, ces salariés pourraient obtenir un aménagement de poste et/ou de temps de travail.

Il leur sera aussi possible de bénéficier d’un accès renforcé à une reconversion.

Nous espérons (modestement) avoir listé les principaux changements annoncés afin que vous puissiez vous faire votre idée sur ce projet de réforme.

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8 Commentaires

  1. Bonjour j’ai une question rien à voir avec la retraite à t’on le droit de mettre temps déclaratif si le temps est mieux que le temps badge

    • Bonjour,
      Oui, contrairement a ce qu’indique certains managers, si la touche existe, c’est pour l’utiliser, sinon l’entreprise l’aurait supprimé.

  2. Création d’une retraite minimum à 85% du Smic : près de 1 200 euros, vous oubliez 1200 si tu a la durée de cotisation de 43 an x 4 =172 trimiestre il te manque un trimestre tu a la décotte hahaha

  3. Bonjour le travail de distributeur pub adrexo fera t’il parti des métiers pénibles et donc partir plus tôt à la retraite ?
    Et autre question si nous travaillons plusieurs années à adrexo et que après nous changeons de métier est-ce que nous aurons le droit de partir plus tôt quand même du fait d’avoir travaillé des années dans ce travail

  4. bonsoir je part a la retraite dans 3 mois , ma question je peu prendre ma retraite en continuant a travailler chez melee ?

    • Bonjour, oui mais il
      Faudra quand même sortir des effectifs d’adrexo et être réembauché (en conservant l’ancienneté) pour liquider vos droits à la retraite.

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