C’est une question fréquente qui nécessite une réponse précise.

La réponse est OUI, mais…

Il faudra distinguer des situations différentes au regard des dispositions qui seront en vigueur après le 11 mai.

Tout d’abord, la situation sera t elle égale dans toutes les régions ?

Il n’est toujours pas exclu que le déconfinement soit associé à des mesures d’accompagnement par secteur d’activité et différentes selon les communes. C’est encore une solution qui est à l’ordre du jour a affirmé Emmanuel Macron le 22 avril, précisant aujourd’hui qu’il est exclu d’organiser les choses différemment, selon les régions mais que des adaptations pourraient être faites par commune, en fonction de la « réalité de chaque territoire » et notamment de la taille des communes.

La garde d’enfant

Il a été annoncé une reprise progressive de la scolarisation à partir du 11 mai en évoquant la possibilité de demi-classes, il peut donc s’avérer nécessaire d’organiser la garde de l’enfant pendant les périodes où il ne pourra pas être scolarisé et si aucune autre solution n’est proposée par l’établissement scolaire.

Ces possibilités seront précisées début mai, mais d’après des sources concordantes, le retour à l’école serait désormais soumis au choix des parents et il n’y aurait pas d’obligation du retour à l’école.

L’arrêt préventif pour personnes ‘à risque’

Cet arrêt dérogatoire ne devrait pas subsister après le 11 mai. Il permettait à des personnes qui ne sont pas malades mais qui présentent des risques de développement dangereux de la maladie de pouvoir cesser le travail sans avis médical, et par auto-déclaration à l’assurance maladie.

Sous cette forme, ce ne devrait plus être possible.

La responsabilité de l’arrêt incomberait au médecin traitant qui pourra écarter un salarié du travail dans les conditions habituelles prévues pour un arrêt maladie.

Cependant, l’assurance maladie indique déjà que les médecins ne seront pas autorisés à délivrer des arrêts à toutes les personnes reconnues en ALD (Affection Longue Durée), ce qui d’ailleurs n’aurait pas de sens eu égard à la durée du risque qui pourrait bien subsister pendant de nombreux mois, le vaccin étant attendu pour mi-2021 au mieux !

L’entreprise reprend son activité

Dans le cas d’une entreprise qui redémarre son activité, le salarié devra donc, dans le cas général, reprendre son travail normallement.

Dans le contexte de risque particulier qui existe en ce moment, l’employeur devra prendre les mesures nécessaires pour que les salariés puissent travailler en sécurité.

Si ces mesures sont estimés suffisantes par les services de contrôle (des fiches métiers indiqueront rapidement ce qu’il faut mettre en oeuvre, selon la profession et le domaine d’activité), le salarié ne pourra pas faire usage de son droit de retrait.

En effet, sur ce point, la loi est précise, le salarié ne peut se retirer de son poste que si la situation de travail présente un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé ou s’il constate une défectuosité dans les systèmes de protection.

Si l’employeur permet un travail en sécurité et que le matériel fourni est conforme, il ne sera pas possible d’utiliser ce moyen pour cesser le travail.

Si toutefois un salarié souhaite en faire usage, le risque est que droit soit considéré comme abusif et considéré comme un abandon de poste.

Il faut alors que le juge Prud’homal intervienne pour qualifier l’absence.

S’il juge que les protections ne sont pas suffisantes ou n’étaient pas disponibles au moment du retrait, le salarié sera payé pendant sa période d’absence comme s’il avait travaillé.

Dans le cas inverse, l’employeur est fondé à ne pas payer son salarié et à rompre le contrat pour faute grave.

L’efficacité des mesures mises en place

La plupart du temps, le dilemme provient de l’interprétation que chacun fait de l’efficacité des mesures et matériels mis à disposition.

Le salarié peut estimer que les protections sont insuffisantes alors que l’employeur applique des consignes officielles.

Pour un danger qui demeure encore mal connu, l’appréciation est évidement complexe.

De plus, pour un salarié qui travaille seul, dehors, par exemple, pourquoi serait il plus exposé qu’un promeneur ou qu’une personne qui va faire ses courses à pieds ?

Dans une entreprise industrielle, le risque d’une chute d’objets ou d’explosion existe, la prévention n’évite pas toujours un accident, malheureusement. Les salariés qui y travaillent se savent exposés et pourtant, demeure en poste.

Dans la crise sanitaire qui frappe aujourd’hui le monde entier, la peur et la méconnaissance de la maladie génère un climat anxiogène, accentué par des discours très différents, même de la part de spécialistes.

Il parait donc opportun de revenir au cadre strict du droit du travail en étant très rigoureux des deux cotés.

Coté employeur évidement en respectant les préconisations officielles et les adaptant aux particularités de l’entreprise.

Cela passe par la fourniture de protections mais c’est sans doute la partie la plus facile à organiser. Il ne suffit pas de confier quelques masques et un peu de gel à ses salariés pour se croire dédouaner de ses responsabilités.

Il faudra adapter les méthodes, l’organisation, former et contrôler la bonne utilisation des moyens mis à disposition.

L’efficacité des mesures mis en place est aussi une responsabilité du salarié qui devra les utiliser et sans doute changer ses habitudes pour adapter ses pratiques.

Il ne suffit pas d’avoir un masque et du gel dans la poche pour être en sécurité, c’est donc l’affaire de tous.


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