En juin, l’entreprise versait les salaires en deux fois, en juillet et août, les bulletins de paie prévoyaient un décalage mais deux virements, reçus le même jour, permettaient aux salariés de recevoir entièrement leurs salaires à la date prévue.

Fin septembre, le bulletin de paie ne présente plus de fractionnement et le salaire a été reçu à la date normale en un seul virement.

Alors tout va bien ?

Il serait bien audacieux de répondre oui sans réserve.

Chacun peut s’en rendre compte, l’activité est plus soutenue en ce moment et c’est assez habituel pour cette période.

L’entreprise facture plus et encaisse donc plus en ce moment.

Mais c’est pourtant en sortant d’une forte période (Avril, mai, juin), que l’incident de trésorerie s’est produit.

L’entreprise, plus généralement le groupe, rencontre des difficultés et n’est certainement pas sortie d’affaire par la simple facturation actuelle. il faudra des avancées majeures pour considérer qu’elle est tirée de cette délicate situation.

Au delà du questionnement légitime sur les deux années passées, dont nous avons déjà fait état, il faudra que l’entreprise avance sur de nombreux dossiers pour devenir rentable.

C’est en premier lieu, à notre avis, l’activité courrier. Qui pourtant peine à décoller, malgré d’incontestables avancées du point de vue qualité de distribution, qui sont à mettre au crédit des distributeurs qui effectuent un travail remarquable.

C’est aussi par un effort de fidélisation des salariés, grâce à la fourniture de matériel et au respect des engagements des accords d’entreprise que cela sera possible. Ce n’est par exemple pas en remettant un temps pré-quantifié en place que l’entreprise retrouvera le chemin de la rentabilité.

L’activité colis, elle, sert d’avantage les intérêts de Colis Privé que ceux d’Adrexo. En développant son taux de couverture grâce au réseau d’Adrexo, Colis Privé développe son chiffre d’affaire et sa rentabilité, alors qu’Adrexo ne reçoit qu’un chiffre d’affaire proportionnellement très modeste.

Il est intéressant d’observer combien cette synergie, entre les deux entreprises sœurs, permet à Colis Privé d’être rentable en utilisant le réseau d’Adrexo. Cela indique que le réseau d’Adrexo est déterminant pour le groupe et que c’est en mutualisant des moyens que le groupe peut rendre ses entreprises profitables, alors qu’elles ne le seraient pas seules.

Ceci indique aussi qu’Adrexo doit recevoir, aujourd’hui, le fruit de ses efforts en matière de développement de l’activité colis qu’elle a largement soutenue.

Mais, parallèlement, l’entreprise doit être en capacité d’investir et c’est sur ce point que nous émettons le plus de doutes.

Ce qui aurait été possible plus tôt, avec un développement plus rapide des activités, n’est aujourd’hui plus possible du fait de l’absence de disponibilité financière.

La réalité, c’est que l’entreprise doit aujourd’hui trouver un nouveau souffle par un apport financier important, utilisé exclusivement au service du développement d’Adrexo.

Nos actionnaires actuels ne sont pas en capacité d’apporter personnellement ce capital. Ils devront donc s’adjoindre des partenaires qui prendront en main la gestion et le développement de l’entreprise.

Car, il y a urgence ! L’entreprise est actuellement structurellement déficitaire et désormais lourdement endettée. De plus, la direction vient d’avouer la semaine dernière une nouvelle baisse du chiffre d’affaire attendu en 2019, ce qui remet largement en cause ses prévisions à court terme et les engagements décrits lors de la dernière assemblée générale pourtant très récente.

Coté C.A.T., nous considérons être très loin du compte en matière de sécurisation de l’activité. Nous ne pouvons que renouveler nos fortes inquiétudes par rapport à l’emploi.

Nous restons donc aux cotés des équipes et surveillons de très prés les projets de l’entreprise et du groupe, en rencontrant des experts et différentes personnalités. Les chiffres sont têtus et ils sont inquiétants.

Après novembre, nous rentrerons dans une période ou l’activité connaîtra, comme chaque année, une baisse importante, qui ne reprendra qu’après février.

Un trou qu’il faudra combler. Il ne pourra être comblé qu’en obtenant conjointement les moyens du développement et les résultats du travail qualitatif des équipes et des distributeurs. Un vrai challenge.

Les salariés mettent l’entreprise en capacité de convaincre de son potentiel et de ses capacités. Nous comptons donc désormais sur la démonstration des capacités de nos dirigeants à maintenir et développer l’entreprise.