Adrexo est, depuis quelques années, perpétuellement en difficulté et les directions successives n’ont pu que mettre des pansements sans arriver à soigner durablement le mal.

Pourquoi ?

Tout d’abord, c’est un marché particulier, principalement occupé par deux acteurs nationaux, qui se sont longtemps battus à coup de bas prix et qui souffrent d’un manque de rentabilité.

Notre principal concurrent connait le même problème et arrive à s’en sortir en mutualisant sa distribution à celle du courrier, grâce, notamment, à un accès facilité au réseau postal, en particulier en zone périurbaine et rurale.

Ceci pose un problème d’équilibre concurrentiel évident puisque notre entreprise n’a pas la possibilité d’avoir les mêmes facilités. C’est un autre débat.

Mais, il faut bien reconnaître également que le modèle de fonctionnement de l’entreprise avec un maillage du territoire qui s’est constitué en partie avec le rachat d’entreprises indépendantes, pose aujourd’hui un vrai problème de cohérence au quotidien.

Tant que l’activité était exclusivement basée sur l’imprimé publicitaire, cela à pu fonctionner. Mais avec l’apparition nécessaire de nouveaux métiers, ce fonctionnement ne permet pas l’application de méthodes identiques, partout en France.

Pour un manager, il est plutôt sympathique de pouvoir organiser son activité un peu à sa guise, en tenant compte de ses possibilités et du contexte local voire renoncer à des outils développés par l’entreprise mais est-ce bien la bonne méthode ?

Il est aisé de l’observer, juste en visitant différents centres, tout y est très différent. De bonnes pratiques côtoient parfois des habitudes qui n’ont pas changées, souvent par confort, parfois par nécessité.

Prenons un exemple, avec la badgeuse par exemple. Certains y ont cru, et ont formé leurs distributeurs et les forment encore pour obtenir la meilleure utilisation possible. Les distributeurs badgent mieux, valident des temps de distribution corrects et conforment à la réalité du terrain et participent à prouver que la qualité de distribution est assurée.

Ainsi, les distributeurs sont correctement rémunérés du temps de distribution et l’entreprise peut prouver sa capacité à répondre aux demandes de ces clients. Dans d’autres agences ou dans des relais, l’information ou tout simplement la formation, faite trop rapidement, ou pas du tout, par des personnes n’ayant pas cru à ce dispositif, donne des résultats très en dessous de la moyenne.

A la lecture des taux de chaque agence, on constate de réelles différences et comme elles impactent directement les salaires, on imaginent facilement les répercutions en termes de qualité de vie au travail et de respect du travail effectué.

On entend par exemple encore des managers indiquer que les badgeuses n’ont pas de réseau en milieu rural. On sait parfaitement que le GPS, qui provient du satellite, fonctionne justement mieux en zone bien dégagée. L’argument est donc juste un moyen de ne pas s’occuper des vrais problèmes.

Second exemple, avec le courrier et le numéro chrono, beaucoup de distributeurs ne connaissent pas cette possibilité et beaucoup n’ont même pas été formés sur son usage. Pourquoi ? parce qu’un manager n’y croit pas et laisse ses distributeurs travailler « à l’ancienne » sans même tenter d’expliquer.

Dans ce cas, les distributeurs perçoivent les courriers « en vrac » sans respect de ce classement et ne peuvent effectivement pas tester cette possibilité. Pourtant, ceux qui l’utilisent se félicitent parfois du fonctionnement de ce guidage, particulièrement en ville.

La encore, l’entreprise a fait le choix de laisser faire localement, sans doute par facilité.

Le maillage territorial d’Adrexo, son réseau opérationnel, fonctionne en faite comme un réseau d’entreprises indépendantes, regroupées sous une même enseigne. C’est valable au niveau des centres, mais aussi pour les régions qui fonctionnent parfois différemment sur certains points.

Nous pensons qu’aujourd’hui, et surtout avec l’arrivée de nouvelles activités, et de nouvelles technologies, ce n’est plus possible.

Conserver une certaines autonomie et pouvoir insuffler son état d’esprit est une bonne chose. Pouvoir s’exonérer des méthodes et process mis en place par l’entreprise est un problème.

Pour qu’ils puissent y croire et s’approprier ces changements, nos managers doivent être d’avantage associés aux évolutions et en être les moteurs. La gestion managérial centralisé du réseau est en décalage avec les attentes légitimes liées au développement des nouvelles activités, la encore, on peut se poser la question de la raison de la mise en place de ces freins en interne.

Car, beaucoup de managers techniques souhaitent aller de l’avant mais les changements incessant ont eu raison de leur motivation qui était déjà bien mise à mal par la politique salariale de l’entreprise.


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