Le dialogue social chez Adrexo /1

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Pourquoi la Direction d’Adrexo prend un tel risque ?

La définition de l’OIT (Organisation Internationale du travail)

L’objectif principal du dialogue social en tant que tel est d’encourager la formulation d’un consensus entre les principaux acteurs du monde du travail ainsi que leur participation démocratique. Les structures et les processus d’un dialogue social fécond sont susceptibles de résoudre des questions économiques et sociales importantes, de promouvoir la bonne gouvernance, de favoriser la paix et la stabilité sociale et de stimuler l’économie.

Quelles sont les conditions de base du dialogue social ?

Pour permettre le dialogue social, les conditions suivantes doivent être réunies :

  1. Des organisations de travailleurs et d’employeurs fortes et indépendantes doté es des compétences techniques nécessaires et pouvant accéder aux informations utiles à leur participation au dialogue social ;
  2. La volonté politique affirmée d’engager le dialogue social de la part de toutes les parties ;
  3. Le respect des droits fondamentaux que sont la liberté syndicale et la négociation collective ;
  4. Un soutien institutionnel approprié.

Appliquons cette définition à Adrexo et à l’aune de ce que nous vivons aujourd’hui :

L’employeur explique à toutes les organisations syndicales que si elles ne prennent pas la décision qu’elle leur indique l’entreprise risque d’être en grave danger.

Ces organisations ne disposent pas de tous les éléments de réflexion pour prendre une décision. Tous les éléments qui leur aurait permis de réfléchir et de décider en toute connaissance de cause ne leur ont pas été fournis.

De ce point de vue le calendrier est implacable.

Donc dos au mur sans la capacité d’obtenir le moindre engagement, le moindre plan de développement garantissant l’avenir, notre CSE se sent contraint de céder aux menaces de la Direction.

Les propos de la Direction sont les suivants :

« Je ne vous ai jamais menti, je vous dis que si vous signez maintenant (sous 3 jours !), aucune garantie que vous ne mourriez pas d’ici quelques temps, mais si vous ne signer pas vous mourrez à court terme. »

Qu’est ce qui amène à cette situation dans une entreprise de 16 000 salariés ?

Entendons-nous bien, nous n’écrivons pas que nous sommes pour ou contre un avis favorable, nous disons seulement :

  • A-t-on été en capacité d’analyser de comprendre les enjeux, de négocier, de protéger les salariés ?
  • Avons-nous eu un dialogue social tel que le défini l’OIT sur l’avenir d’Adrexo ? »

Un dialogue de qualité c’est plusieurs aspects mais a minima :

  • Des partenaires respectueux les uns des autres !
  • Du travail, l’échange de pièces, la connaissance des dossiers

Au sein de l’entreprise ce dialogue fonctionne classiquement via deux canaux :

  • Le CSE organe de contrôle et de surveillance, dont le rôle est parfaitement défini par le Code du travail
  • Les organisations syndicales représentatives négociants des accords

Le législateur a prévu un certain nombre de règles pour garantir une forme d’équilibre si ce n’est des pouvoirs, d’un échange d’informations afin de respecter les organisations sociales celle-ci étant les garantes du respect des droits et de la protection des intérêts des salariés.

La Direction si elle ne respecte pas ces règles légales, prend le risque de voir invalider les avis rendus, puisque ceux-ci n’auraient pas été rendus en toute connaissance de cause. (Voir article précédent)

Est-il possible que d’un coté la Direction nous signifie l’importance de cette décision et qu’en parallèle en ne remettant les documents demandés en temps et en heure, en ne donnant pas le temps suffisant pour la réflexion et l’échange entre les différents acteurs sociaux mette en péril la validité de l’avis rendu.

Est-ce responsable ?

  • Pourquoi la Direction, consciente des enjeux et du risque ne permet pas aux organisations syndicales de jouer réellement le rôle qui est le leur ?
  • Pour des investisseurs à venir ne serait ce pas la garantie d’une entreprise qui fonctionne normalement ?
  • Pourquoi un investisseur serait freiné pour quelques jours d’attente, afin que les choses se fassent normalement, respectueusement ?
  • Et enfin, les institutions, représentées dans le contexte que nous connaissons par l’AMF, ne risquent-elles pas de s’interroger sur cette situation ne correspondant pas aux règles légales ?

A suivre…

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