Colis : par le petit bout de la lorgnette !

Une folle rumeur circule, alimentée par un tract syndical pour le moins opportuniste.

Le C.S.E. empêcherait l’entreprise de vivre…

Dans ce tract, nos dignes enfants de Montaigne et châteaubriant rivalisent d’âneries – qui ne sont cependant pas désintéressées – et reprennent parfois mot pour mot le discours patronal. Faute d’imagination, le plagiat s’impose mais mot pour mot, ça commence à se voir un peu.

En cause, le vote possible d’un droit d’alerte économique en C.S.E. après que la direction présente son projet de découpe de l’entreprise par la séparation de l’activité colis dans une nouvelle société.

D’après ce tract, les représentants des salariés devraient donc voter les yeux fermés sans se soucier des conséquences.

Bref, obéir, bêtement.

Vous nous connaissez particulièrement critiques sur le fonctionnement de cet honorable institution qu’est le C.S.E. mais, pour une fois, nous ne pourrions que nous féliciter de ce vote.

Il ne s’agit pas pour nous de trahir un quelconque secret en diffusant moult détails, mais chacun sait que lorsqu’une entreprise commence à se morceler, ça ne sent pas toujours bon.

Pourquoi ?

Parce que le transfert d’une activité à nécessairement un impact sur une entreprise.

Cet impact peut avoir des répercussions sur l’emploi et c’est bien le rôle des représentants des salariés que de s’en soucier.

De l’autre côté, une bande de troublions décérébrés, notoirement connus pour cela et capable cependant de faire deux choses à la fois en écoutant tout en ne comprenant rien.

A leur tête, un individu connu sous l’amical sobriquet de « ménagère de moins de 50 de QI », très éloignée de l’emploi, comme d’autres, depuis longtemps puisque ce groupe détient le record d’absence au travail pour des raisons inconnues mais que la direction accepte, allez savoir pourquoi !?

La même meneuse qui est soupçonnée d’avoir un peu abusé de largesses financières du dit C.S.E. Tiens donc, ceci expliquerait il cela ?

Mais en plus, la hauteur, le sérieux et la vérification des arguments font défaut.

Il est dit en substance qu’avec le transfert à un nouvelle société, la convention du transport s’appliquerait alors que ce n’est pas possible sous Milee puisqu’une entreprise ne pas avoir deux conventions collectives.

Toute l’argumentation tourne autour de cette convention collective… Et pourtant, tout cela est faux. Une même entreprise peut adhérer à plusieurs conventions collectives.

Il y a un an environs, nous l’avions déjà affirmé avec une confirmation édictée par la Cour de Cassation dans une affaire qui opposait des salariés d’une entreprise de nettoyage dont le marché avait été repris par une nouvelle entreprise qui se prévalait de la convention collective de la restauration collective.

Cour de Cassation, Chambre sociale, du 13 novembre 1996, 94-40.938, Inédit

La société entrante avait été contrainte de faire application des deux conventions collectives “Attendu que la convention collective applicable aux salariés d’une entreprise est celle dont relève l’activité principale exercée par l’employeur, peu important les fonctions assumées ; qu’il n’en est autrement que dans l’hypothèse où les salariés exercent une activité nettement différenciée dans un centre d’activité autonome

“Attendu que, pour faire droit aux demandes formées par les salariées à l’encontre de la société SFS, le jugement attaqué retient que la société SFS a repris un marché de nettoyage, ajoutant ainsi cette activité à celle de restauration collective qu’elle exerçait déjà et se comportant, par l’acceptation de ce marché, comme une entreprise de nettoyage; que, dès lors, pour l’exécution du marché de nettoyage de la Clinique Mont-Louis, distinct de ses autres activités, elle était tenue d’assumer toutes les obligations des entreprises de nettoyage et notamment celles résultant de la convention collective applicable”.

Il n’est pas contestable que l’activité de transport de colis est très différente de celle de la distribution directe d’imprimés publicitaires, cette dernière ne prévoyant pas du tout de filière de livraison de colis.

En ayant une activité autonome, sous la direction d’un responsable différent de l’activité de base, et dans une unité économique différentiée (une “business unit”), on voit mal comment l’entreprise ne pourrait pas faire application de deux conventions collectives dans l’entreprise.

D’ailleurs, en novembre 2021, elle ne le contestait pas mais indiquait que “c’était compliqué”.

C’est sans doute compliqué, mais possible.

Alors pourquoi scinder les entreprises ?

Car c’est une évidence, si la direction propose une scission, c’est pour mieux protéger les deux entreprises…

Ben voyons !

Nous connaissons la musique, d’ailleurs tout le monde la connaît… on vide l’entreprise de ses valeurs et quand il ne reste plus rien, on jette.

Contrairement à nos bidochons économiques qui expliquent tout et savent tout, tout le monde n’est pas expert économique et financier et il est parfois, et même souvent, nécessaire de faire appel à des experts, des vrais, pour bien comprendre les enjeux.

Mais d’après eux, pas besoin de réfléchir – et ça les arrange bien – il faut donner un avis favorable sans attendre, faire confiance sans y regarder, et donc considérer que nos patrons ont les meilleures intentions du monde – ce dont nous ne doutons pas – mais que nous souhaitons tout de même vérifier, juste histoire d’en être bien sûr.

Un expert pourrait donc travailler sur le dossier pendant quelques semaines et informer les élus qui pourront ensuite se prononcer en connaissance de cause, quoi de plus normal ?

Comble du désastre, les salariés du colis perdraient de l’argent en attendant que les représentants du personnel soient suffisamment informés.

Il n’est pas contestable que ces salariés bénéficient d’une indemnité de repas obtenue par la grève et que nos pieds nickelés étaient bien loin de ces salariés à ce moment là, mais l’époque n’était pas la même.

Pour mieux tourmenter nos collègues, il est indiqué le montant perdu par jour, par mois et même par an. Pourquoi ne pas aussi l’indiquer pour 30 ans … par esprit de synthèse !

La procédure de droit d’alerte ne durera pas 30 ans, ni même 1, et rassurons nos collègues, ils n’auront pas à étendre la retraite pour savoir s’ils quittent ou non le giron d’Adrexo.

Et comme le ridicule ne tue pas, dit-on, des clients s’impatienteraient à la porte du magasin pour travailler avec la nouvelle société de transport mais ne le feraient pas du fait de son rattachement à Adrexo et à sa convention collective !

Ridicule… bien sûr, et totalement faux !

Mais plus c’est gros, plus ça passe !

Tout le monde sait bien que lorsque l’on rentre chez un fournisseur, la première préoccupation est de savoir à quelle convention collective il est rattaché, c’est évident.

En revanche, les centaines de chauffeurs qui ont disparus ces derniers mois sans aucun accompagnement, ne font l’objet d’aucune attention, qu’ils aillent chez pôle emploi, on s’en fout !

Quand on sait que certaines des organisations syndicales concernées se veulent à tendance « anti-capitaliste », il est rigolo de les entendre appeler au développement économique capitalistique et ne pas se préoccuper des collègues salariés qui vivent de leurs salaires, en travaillant, eux.

La vérité est tout autre, nos pieds nickelés cherchent surtout à capter l’attention pour la détourner d’un sujet qui, en fait, est tout à fait normal dans la vie d’une consultation du C.S.E. alors qu’il y a d’autres sujets bien plus terre à terre qui arrivent et vont peut-être révéler quelques largesses à leurs profits.

Nous avons d’ailleurs déjà reçu une mise en garde écrite d’un de ces petits syndicalistes qui nous encourage à la fermer et à ne pas trop parler d’eux.

C’est un signe qui ne trompe pas.

Comme nous détenons déjà quelques documents qui démontrent nos affirmations, nous n’avons aucune raison de rester silencieux sur les véritables raisons de ces gesticulations, et nous en parlerons très vite quand même.

Bref, laissons le temps aux spécialistes de rendre leurs rapports et aux représentants des salariés de rendre un avis éclairé, ce n’est que sagesse !

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7 Commentaires

  1. Bonjour,

    Vos confrères de la CGT indique que la filiation de l’activité D2H est actée pour la fin décembre dans la filiale «TBN1» qui appartient à Milee et sous la convention du transport.

    Est-ce exact ? Étant donné que cette filiale appartient à Milee la contention du transport peut-elle s’appliquer ? Ou est-ce encore des inepties ?

    • Bonjour,
      Pour D2H, le CSE a déjà été consulté depuis bien longtemps et le transfert tarde, en raison de problèmes administratifs.

  2. Bonjour question hors sujet je souhaiterais savoir si adrexo va fournir au distributeur des chaussures de marche si oui dans quel délai merci

      • Bonjour ceci est bien regrettable car les semelles de nos chaussures s’usent très vite. Les personnels soignants publics qui “crapahutent” beaucoup mais tout de m^me moins en notion de kilomètres que les distributeurs ont une prime chaussures..petite mais elle existe 🙂

  3. Bonsoir,
    Je suis atteint de la covid et ne pourrais donc pas finir le travail cette semaine (je suis distributeur) j’ai distribué 4 secteurs sur les 5.Comment cela va se passer pour mon salaire, est-ce que c’est considéré comme un arrêt maladie et est-ce que je dois fournir un arrêt de travail par mon médecin traitant.
    Cordialement

    • Bonjour,
      Oui, vous devez vous déclarer en isolement et faire générer un arrêt pour justifier de votre absence pour maladie.

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