Sur les réseaux sociaux, internet, dans l’entreprise, le salarié conserve sa liberté d’expression mais doit s’astreindre à ne pas dépasser certaines limites.

Un salarié, qu’il soit délégué syndical ou pas, conserve, dans l’entreprise, sa liberté d’expression.

Encore faut il qu’elle soit exprimée de manière courtoise et ne pas constituer une injure ou une insulte qui serait considérée comme constituant une faute.

C’est assez logique, le droit rappelle ici les règles de politesse et de respect qui s’appliquent – normalement – dans la vie courante.

Menacer, insulter, accuser peut constituer une faute mais le salarié conserve la possibilité de critiquer et ne peut être licencié pour ce motif.

C’est ce que vient de confirmer la Cour de Cassation dans un arrêt du 9 novembre dernier.

Dans une affaire jugée, le salarié avait été licencié en raison d’un comportement critique et de son refus d’accepter la politique de l’entreprise basée sur le partage de la valeur « fun and pro ».

En appel, le salarié avait été débouté et avait formé un pourvoi en cassation.

La Cour indique que le caractère illicite du motif du licenciement prononcé, même en partie, en raison de l’exercice, par le salarié, de sa liberté d’expression, liberté fondamentale, entraîne à lui seul la nullité du licenciement.

Ayant constaté que le licenciement était, en partie, fondé sur le comportement critique du salarié mais aussi l’incitation à divers excès, qui participent de sa liberté d’expression et d’opinion, sans qu’un abus dans l’exercice de cette liberté ne soit caractérisé, la cour d’appel ne pouvait pas le débouter de sa demande d’annulation du licenciement

(Cass. soc. 9-11-2022 n° 21-15.208 F-D).


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