Nous sommes régulièrement interrogés par des salariés qui souhaitent reprendre le travail alors qu’ils sont titulaire d’un certificat d’isolement.

Il existe deux cas de figure qui permettent de bénéficier d’un certificat d’isolement.

Soit le salarié est considéré à risque du fait d’une maladie longue durée qui lui fait courir un risque de développement d’une forme sévère de la maladie en cas de contamination par le Covid-19.

Soit le salarié a plus de 65 ans et peut, la encore, développer des complications en cas d’infection.

Dans ces deux situations, le salarié est astreint à ne pas travailler et son absence est justifiée auprès de son employeur.

Il perçoit une indemnité dans la forme du chômage partiel (prise en charge du salaire à hauteur de 84% du net avec un minimum du SMIC).

Le certificat d’isolement n’est pas un arrêt maladie car le salarié n’est (heureusement) pas malade et il ne comporte pas de date de fin, l’état n’ayant pas encore indiqué jusqu’à quand cette mesure serait effective.

Pour le moment, la démarche vise à isoler les personnes a risque sans pour autant qu’il soit indiqué jusqu’à quand, faute de connaitre précisément l’évolution de la situation sanitaire.

Ceux qui souhaitent rester protégés peuvent donc le faire mais certains des salariés ainsi « isolés » souhaitent aujourd’hui reprendre le travail, ce qui peut poser quelques problèmes.

En effet, la crise sanitaire actuelle n’est pas terminée.

On perçoit une amélioration qui se concrétise par la levée de certaines restrictions, mais le virus est toujours présent.

Dans ces conditions, une personne a risque n’a pas de raison de changer de situation si elle présente toujours la même pathologie ou dépasse la limite d’age.

C’est pour cette raison qu’un certificat d’isolement ne présente pas de date de fin. Il demeure valable tant que la mesure légale d’isolement est d’actualité.

L’employeur qui autoriserait donc un salarié à reprendre alors que celui-ci avait précédemment manifesté sa volonté d’être isolé, prend donc un risque certain et doit s’entourer de certaines précautions.

Coté salarié, le problème est différent car la loi autorise une partie de comportement irrationnel.

Le salarié peut demander l’isolement mais n’est pas obligé de le faire. C’est donc en fonction de sa volonté que l’arrêt du travail peut se faire sur le principe de précaution.

Des salariés ont donc pu baser la décision sur la peur et sur les conséquences potentielles d’une infection, le tout bien amplifié par les médias qui ne savaient pas grand chose, mais disaient tout.

Aujourd’hui, ce sentiment peut disparaître et engager le salarié à revenir vers son activité professionnelle.

Le risque n’a pas changé, les potentielles conséquences non plus, certains employeurs pourraient alors s’interroger sur la volonté du salarié de s’absenter à un moment, puis sur la volonté inverse quelques semaines plus tard, sans que rien ne change.

Sur ce point, le salarié n’a pas à s’inquiéter puisqu’il s’agissait d’une mesure de précaution, basée sur le volontariat et qui laissait une place à l’interprétation ou l’impression que pouvait avoir le salarié à un moment.

En quelque sorte, le salarié avait le droit d’avoir peur.

Aujourd’hui, avec les mesures de distanciation, avec le matériel mis à disposition pour se protéger, avec un système de santé opérationnel et une meilleure connaissance du virus, une évolution de la perception du risque peut évoluer et conduire le salarié à vouloir retravailler.

Le problème aujourd’hui pour ces salariés est que le risque passe du coté de l’entreprise. Imaginons qu’un salarié jusqu’ici isolé soit contaminé après sa reprise de travail et développe une forme sévère de la maladie, il serait vite fait le reproche à l’employeur d’avoir autorisé la reprise et pourquoi pas, favorisé la contamination.

Pour s’en prémunir, et l’employeur n’ayant pas la compétence médicale pour juger de l’opportunité d’une reprise, il nous parait opportun de faire appel aux services de santé au travail afin que ce soit le médecin du travail qui soit juge de l’aptitude du salarié à travailler pendant cette période de crise sanitaire et qui pourra imposer ou pas l’isolement.

Cette démarche a pour intérêt de remettre la situation sur un plan rationnel et d’écarter des interprétations qui pourraient être faites des deux cotés.

Nous découvrons tous aujourd’hui que les informations qui ont été données depuis le début de la crise sanitaire n’étaient pas forcément toutes très précises ou se basaient sur des éléments peu connus. Encore aujourd’hui, tout le monde n’est pas d’accord et nous aurons probablement des annonces encore plus surprenantes dans les semaines ou mois à venir, il est donc urgent de reprendre le chemin qui conduit à consulter ceux qui sont les spécialistes de la santé au travail (et peut être de moins écouter ceux qui s’autoproclament spécialiste.mais qui ne sont présents que sur les écrans de télévision).


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