Progressivement, certaines entreprises lèvent les mesures de chômage partiel et font reprendre le travail aux salariés.

Après le 11 mai, si la levée des dispositions de confinement est confirmée, d’autres professions pourront également reprendre le chemin du travail.

Pour les salariés qui ont continués à travailler depuis le 17 mars et ceux qui reviennent en ce moment au travail, la question de la sécurité est toujours un des points les plus importants.

C’est à l’entreprise d’assurer la sécurité au travail et de mettre en place les mesures nécessaires pour assurer la santé des salariés.

Pour notre entreprise, cela passe par une évaluation des risques qui devra être menée par des experts et des personnes qualifiées.

Pour un sujet aussi important que la santé au travail et devant un risque inédit et mal connu, il est évident que n’importe qui ne peut se déclarer compétent et jouer à l’apprentis sachant.

Faudra t il des masques ? Faudra t il des gants ? Deux sujets qui sont déjà en débat sur le plan national pour d’autres activités.

Autant il apparaît raisonnable de porter un masque dans un moyen de transport ou dans un lieu très fréquenté, autant cela parait moins indispensable pendant un distribution de prospectus en milieu rural. Peut être faudra t il dans ce cas proposer plutôt qu’imposer.

En revanche, en milieu urbain, ou l’accès aux immeubles nécessite de toucher des portes d’accès aux halls et l’éventuel croisement de résidents, devrons nous sans doute passer par une protection plus présente.

Tout cela parait assez simple mais engendre une organisation et la mise à disposition de différents matériels.

Se pose aussi pour nous, la question du passage aux centres Adrexo avec des gestes barrières à imposer et à faire respecter et la encore, de la fourniture de matériel de protection.

D’un point de vue organisation, il faudra sans doute modifier les habitudes pour restreindre les possibilités de croisement.

L’expérience nous prouve que ces mesures ont été longues à mettre en place pour les salariés d’Adrexo qui travaillent encore dans les agences actuellement, principalement pour l’activité colis qui n’a jamais cessé.

On a pu découvrir des situations d’un autre age.

Des agences ou les points d’eau ne disposaient pas de savon, d’essuie mains jetables et même parfois d’eau chaude.

En partant de rien, il a été plus long d’obtenir une remise à niveau minimale afin que les salariés puissent au moins se laver les mains régulièrement.

Le gel hydroalcoolique n’est pas forcément nécessaire lorsque l’on a accès au savon, mais lorsque l’on est à l’extérieur, comme le sont les distributeurs, il devient difficile d’accéder à une possibilité de se laver les mains et le gel devient un moyen important.

Or, les livreurs de colis sont dans la même situation et il a fallu parfois plus de 15 jours pour voir le gel arriver dans les agences.

Le port des gants, qui peut s’imposer dans les agences pour le tri des documents, doit il se généraliser pendant la distribution alors que les gants peuvent être aussi le support du virus ?

Tout cela n’est pas simple et nécessite des réponses précises et données par des spécialistes reconnus.

Avec la levée des restrictions de circulation, le Comité Social et Economique que vous avez élu va pouvoir se mettre en place avec le dépouillement final du vote.

La commission Hygiène et Sécurité devra donc prendre les mesures nécessaires pour juger de la pertinence de l’évaluation des risques et des dispositions proposées par l’entreprise pour faire face à ces difficultés.

En attendant, l’actuel C.H.S.C.T. pourra préparer les contours de ce plan de reprise.

Dans la récente affaire « AMAZON », on voit bien que cette phase est particulièrement importante et peut avoir des conséquences graves sur la vie de l’entreprise.

Dans son jugement en première instance, le tribunal des référé de Nanterre a indiqué que l’entreprise doit évaluer sérieusement les risques, communiquer auprès des salariés concernés et même, les former à l’utilisation des moyens mis à disposition.

Le tribunal reproche d’ailleurs à Amazon d’avoir mis en place la fourniture de gants par exemple sans expliquer qu’ils pouvaient eux même servir de support au virus et que l’utilisation nécessite une formation qui n’avait pas été dispensée.

Le tribunal met également en avant les risques psycho-sociaux engendrés par la peur de contamination et la réorganisation du travail mais aussi à la surveillance plus soutenue liée à la vérification du respect des consignes de protection.

Ce point avait également totalement passé sous silence par la direction d’Amazon.

Malgré la poursuite d’activité des effectifs colis d’Adrexo, tous ces points n’ont pas d’avantage été abordés pour eux…

Actuellement, l’entreprise est plus occupée à livrer des colis et ne s’inquiète guère de ces problèmes, les livreurs n’ayant reçu ni information, ni formation a part quelques feuillets présentant les modifications des modes de livraisons (sans contact) mais rien n’a changé sur les méthodes de tri et de préparation, malgré des risques évidents.

Il y a donc, pour nous, un vrai point de vigilance.

Le tribunal de Nanterre, dans le dossier Amazon, indique clairement que ces insuffisances mettent en danger les salariés.

Et impose des mesures complémentaires :

Pour conclure, ce tribunal a refusé l’arrêt complet de l’activité comme cela lui était demandé mais à limité l’activité à la livraison de produits essentiels.

Pour ce qui concerne Adrexo, il est probable que la distribution de prospectus ne soit pas considérée comme essentielles pour la vie des français.

Il est donc particulièrement important de ne pas redémarrer une activité sans avoir pris les mesures nécessaires et de les avoir validées avec les institutions représentatives et les services de contrôle.

Nous disposons de quelques semaines pour s’engager vers une reprise en sécurité. D’un coté, c’est une chance.


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