Un syndicat de salariés fait allégeance aux actionnaires

Pour écouter l'article, démarrer la lecture ci-dessous

Incroyable !

Dans un écrit diffusé dans l’entreprise, un syndicat prend clairement position pour les actionnaires du groupe Hopps et d’Adrexo.

N’en doutons pas, c’est sur commande que ce syndicat s’exécute. D’ailleurs, comment pourrait-il en être autrement de la part d’une organisation censée représenter les salariés.

Les actionnaires ont déjà eu besoin de ce syndicat pour parvenir à reprendre Adrexo en 2017 (nous vous l’avons déjà conté ici, avec l’écrit signé et exhibé par notre ex-pdg, Patrick Puy devant tous les élus du C.E.). Aujourd’hui, ils ont besoin de rassurer en organisant, de toutes pièces, une opération “mains propres et tout le monde nous aime”, grâce à l’aimable participation de cette organisation syndicale. En particulier la sphère politique, qui est largement sollicitée pour obtenir quelques facilités en cette période plus que compliquée.

De notre coté, nous appellerons plutôt cette opération : “Mains propres, caisses vides et poches pleines”. Vous connaissez notre goût de la précision…

RI-DI-CU-LE….

Nous savions que cette organisation était prête à beaucoup d’efforts pour satisfaire les patrons. Nous savions, plus particulièrement, qu’un de ses éminents membres est toujours prêt à retourner promptement à la gamelle. Mais aujourd’hui cette organisation vire du jaune pâle au jaune fluo !

Car à lire cette littérature pilotée, nos actionnaires sont les meilleurs de la planète et tous nos problèmes viennent de la direction de l’entreprise. Si si !!!

Par ailleurs, cette direction, qui a été choisie par ces mêmes actionnaires, n’aurait pas su gérer la fortune de l’entreprise. Toujours d’après les “analystes financiers” de ce syndicat porte-plume des actionnaires, qui s’enfonce inexorablement dans le ridicule et la compromission.

Au passage, lesdits directeurs apprécieront de connaitre la pensée profonde de leurs patrons.

Du mal à s’en remettre…

Dans cet écrit, toutes les organisations syndicales, qui ont osé parler des actionnaires du groupe, sont copieusement insultées. Sacrilège ! Or chacun à sa façon, chacun avec ses mots mais avec une appréciation commune sur le fonds. Une appréciation qui n’est d’ailleurs que le fruit d’un simple constat de la situation actuelle et des décisions passées, chacun a juste exprimé sa défiance vis à vis de nos actionnaires.

Les salariés apprécieront également la démonstration des valeureux scribes au service des actionnaires. Surtout après l’épisode du décalage du versement des salaires et les moyens dont ils ne disposent pas pour travailler ! Belle démonstration des choix stratégiques des actionnaires !

On nous dit également qu’il est normal que 200 millions d’euros aient été “bouffés” en deux ans, puisque la société perd de l’argent.

Le bilan officiel de l’entreprise indique pourtant une perte de 22,4 Millions en 2017 et 16,7 millions en 2018. Où est le reste ?

Des investissements amortissables chez Adrexo ?

Lesquels ?

Bref, nos actionnaires sont les meilleurs, d’après le syndicat à genoux. Ils apparaissent miraculeusement soutenus par les salariés, youpi ! Ayez confiance, n’écoutez pas les rumeurs, fermez les yeux… vos yeux sont lourds… vous dormez…. donnez les sous ! Ce n’est plus un exercice de syndicalisme, c’est un travail d’hypnotiseur au cachet !!!

Pour terminer leur argumentaire pro-patronal, nos syndicalistes jaunes finissent par s’excuser, par avance, de choquer les salariés pour avoir pris une position aussi audacieuse…

ls justifient même leur indulgence, par le résultat d’une récente action judiciaire contre la direction, qu’ils ont “malheureusement” perdue… C’est ballot !

Le seul syndicat qui ose attaquer Adrexo, prétendent-ils ! Mais aussi le seul syndicat qui perd contre Adrexo, c’est dire le niveau…

Un vrai exploit qui risque d’être réédité prochainement !!! Installez-vous au premier rang, le spectacle va continuer et il n’y aura pas de place pour tout le monde…

Vouloir maintenir la pression par des actions judiciaires fantaisistes, ce n’est sans doute pas la démonstration d’une forte pression syndicale mais plutôt la traduction d’une volonté de se rappeler au bon souvenir des salariés. Une fois tous les 4 ans, pour tenter de faire croire qu’on s’occupe d’eux, est une attitude de patachons imprudents. Ils croient que la justice leur est acquise, alors qu’ils accumulent, comme des grands, les condamnations et ce n’est qu’un début. La suite arrive…

Pour nous, qui n’entretenons aucune collusion avec les actionnaires ou la direction, et vous laissons en juger par nos actions, les choses sont très claires : Les actionnaires détiennent les cordons de la bourse, les dirigeants suivent les consignes des actionnaires et ce n’est pas aux salariés de chercher à savoir qui est responsable de la déroute.

Actionnaires ou direction, c’est bonnet blanc ou blanc bonnet.

Ce qui compte, c’est l’emploi, les salaires et les conditions de travail. Peu importe qui fait quoi. La loi fixe les responsabilités de chacun et nous ne sommes pas là pour excuser les uns ou les autres.

Quand les salariés souffrent c’est l’entreprise, dans sa globalité, qui est responsable. C’est elle qui doit et devra assumer, peut importe qui la représente. L’urgence c’est la protection des plus faibles et ceux qui pâtissent du fonctionnement de leur entreprise, à savoir les salariés, tous les salariés !

Print Friendly, PDF & Email

6 Commentaires

    • Bonjour,

      Je ne comprends pas votre message. Nous nous sommes clairement en opposition avec la direction et les actionnaires. Nous l’avons suffisamment écrit.

      La position inverse est développée par une autre organisation, ce qui est incroyable d’ailleurs.

  1. Apparemment, il est interdit de nommer les représentations syndicales par leurs noms, pour ne pas risquer d’êtres traîné devant le tribunal. C’est le seul “bé – mol” de cet article un peu énigmatique et indirect en ce qui concerne les vraies tribulations de HOPPS GROUP – ADREXO et le ou les syndicat( s ) qui, apparemment, font cause commune avec la tête de la hiérarchie de toute l’entreprise pour continuer à “vampyriser” les fonds d’ADREXO et les transférer jusqu’à la dernière goutte des ressources financières dans les autres branches du GROUP.
    Voilà ce que j’ai compris, et donc: pour les élections professionnelles, il y a un seul choix à faire, c’est de voter la CAT. C’est le message de cet article, non ?

    • Bonjour,

      En ce qui nous concerne, le choix est de ne pas citer les organisations syndicales pour ne pas en faire indirectement la promotion comme peuvent le faire ces organisations sur leurs écrits et ce qui nous aide bien à nous faire connaitre d’ailleurs.

      Même ceux qui seraient passés à coté de la C.A.T. ne peuvent nous ignorer longtemps grâce a eux.

      Pour les tribunaux, c’est une autre histoire et la aussi, c’est un moyen de promotion qui est assez efficace avec peu d’investissement.

      De plus, nous aimons assez ces démarches et nous sommes toujours très contents d’être contestés et de pouvoir nous exprimer la dessus devant les magistrats.

      Pour l’article, c’est effectivement incroyable de voir un syndicat parler comme ça. La encore, c’est inespéré pour les autres organisations et la C.A.T. en particulier car nous sommes très offensifs vis à vis de la direction et des actionnaires, et je crois qu’aucun salarié ne peut nous le reprocher s’il connait la situation de l’entreprise.

      En conclusion, oui, nous pensons être un choix cohérent pour les salariés. Mais avant ça, il faut que l’entreprise se maintienne jusqu’aux élections, ce qui n’est pas certain.

    • Bonjour,

      C’est pas beau de dénoncer ses petits camarades et puis ce serait en faire la promotion et ce n’est pas notre rôle !

Les commentaires sont fermés.