Accompagnements terrain et « Temps Max » : La stratégie des benêts !

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il y a plus d’un an, le Directeur Général d’Adrexo, trouvait qu’il serait bon d’associer les partenaires sociaux à la fiabilisation des temps théoriques (repère) et convia les membres de la commission de suivi de l’accord sur le temps de distribution à accompagner les distributeurs sur leurs secteurs afin de fiabiliser leurs temps de distribution. Ne soyons pas dupe, il avait aussi envie de montrer la bonne volonté de l’entreprise et savait que l’impact de 5 syndicalistes serait indolore à l’échelle de l’ensemble des secteurs.

Pour autant, pour ceux qui en bénéficiait, c’était un gain substantiel et, pour l’entreprise, une source de contentieux en moins.

Pour rappel, la commission de suivi de l’accord sur le temps de distribution est composée d’un membre de chaque organisation syndicale signataire soit : la C.A.T., la CFE-CGC, Sud et F.O., plus un représentant du comité d’entreprise, en l’occurrence le secrétaire F.O lui aussi.

Les premiers accompagnements étaient organisés comme des figures imposées. La direction avait sorti le top 20 des secteurs qui posaient le plus de problèmes quant au temps théorique versus temps badgé.

Il suffisait donc pour les membres de la commission de se partager le travail et le tour était joué.

A part F.O., tout le monde joua, à peu près, le jeu.

Oui, le représentant de F.O. a dû penser à l’époque qu’accompagner les distributeurs était contraignant. En plus, il devait faire un rapport ! Vous vous rendez compte ?

Ça devait être insurmontable pour lui puisqu’il décida qu’on ne l’y reprendrait plus !

A la fin de cette première salve d’accompagnements, le directeur général nous invita énergiquement à continuer mais, cette fois-ci, en fonction des sollicitations émanant des salariés ou les managers qui auraient besoin que les temps de distribution soient vérifiés et validés (ou non) quasi immédiatement.

Vous vous doutez bien que la direction avait un intérêt à ce que les membres de la commission valident des temps de distribution, notamment pour la direction générale du travail ( DGT) et l’Urssaf. Question d’image !

Mais pour nous, à la C.A.T. le deal était correct tant que cela allait dans l’intérêt des distributeurs.

Personne ne moufta et un processus particulier fut mis en place, afin de centraliser les résultats de ces accompagnements et à chaque validation d’un temps de distribution.

Le service dédié s’occupait de modifier le temps théorique par le temps véritable de distribution constaté par le membre de la commission.

Et puis patatras, le directeur général est parti et les choses se sont rapidement compliquées…

Le représentant de la C.A.T. fut le seul à effectuer des accompagnements puisque les autres membres de F.O., Sud et de la CFE-CGC se mirent d’accord pour cesser de défendre les intérêts des distributeurs, en stoppant les accompagnements.

Ces généreux « bienfaiteurs » des salariés ont tout simplement, brutalement, décidé de faire disparaître et de renoncer à la seule décision favorable aux distributeurs depuis des lustres, en votant son retrait..

Bon, il y a sûrement plein d’explications mystiques à cette soudaine « inspiration » de nos collègues ?

Pour nous c’est juste inadmissible !

De la bêtise en paquet de cent !

Ce coup de théâtre permit à la direction de reprendre la main.

Voyant que ces « serviteurs » zélés ne voulaient pas de leur cadeau, elle en profita pour nous imposer le « Temps Max ».

Le DRH, Samuel Dewitte le comprit très vite. Nous pouvons l’assurer aujourd’hui, cet homme est bien plus intelligent que les quatre benêts réunis. Nous sommes tous d’accord avec ça.

M . Dewitte est une espèce de pragmatique compulsif très très malin.

La C.A.T. demanda le retrait du « Temps Max » de la même manière que les accompagnements terrain avaient été annulés, par un vote. Puisqu’une décision unilatérale avait fait l’objet d’un vote pour son annulation, il aurait été légitime de faire pareil pour le temps”Max”.

Le DRH prit alors les choses en main et expliqua aux benêts présents (Ceux de F.O. ne sont pas venus, trop inquiets de voter contre le « Temps Max » qu’il soutenait au précédent C.E.) de Sud et de la CFE-CGC que tout ça n’était pas possible, qu’il en allait de l’intérêt de l’entreprise, que patati patata et que je vous fais tout le reste à 2 euros le kilo…

Cela fonctionna au-delà des espérance du D.R.H. qui, soulagé par la non réaction de ses interlocuteurs, put souffler un bon coup.

Rouler les benêts dans la farine, quoi…

De la belle ouvrage…

Vous aurez compris qu’à cette commission, seul le représentant de la C.A.T. défend les intérêts des distributeurs, en œuvrant concrètement et non pas en bavardant inutilement.

Des prétendus défenseurs des salariés qui annulent une décision plus que favorable aux distributeurs et qui valident une décision de la direction qui ne sert dans aucun cas les intérêts des mêmes distributeurs, nous marchons sur la tête !!!!

Nous vous laissons juger cette attitude très “curieuse” et peut-être “intéressée”…, mais sans aucun doute contraire aux intérêts des salariés.

D’ailleurs, pour finir, nous vous soumettons un mail reçu par notre accompagnateur « maison », il y a quelques semaines, envoyé par une distributrice d’Alès :

« Bonjour Salim, 

Je viens par ce courrier te remercier de ton implication afin d améliorer le temps théorique sur le secteur 61.

Depuis le suivi que tu as effectué sur la distribution de celui ci, le temps théorique correspond quasiment toutes les semaines au temps badge et je n ai dépassé qu une fois le temps max de très peu de temps .Sans ton intervention je ne pourrai pas finir de badger le secteur je dépasserais le temps max systématiquement ce qui aurait pour conséquence une perte de salaire pour moi mais aussi un impact sur la qualité de distribution, ce qui est le cas sur mes autres secteurs et bien d autres. 

Bien à toi. 

Ethel. » 

Sans commentaire !

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2 Commentaires

  1. Bonjour
    Un bel exemple je donne un peu mais je prends beaucoup .du papillonnage ,juste pour éteindre le feu .cela nos têtes pensantes savent bien le faire.
    Que fait ton.on attends le retour de nos dirigeants
    Auront ils une idée de génie.peut être racheter Nike ou l’OM
    Cordialement

  2. C’est un drame, un vrai drame ! A force de se disputer le leadership dans le mouvement des divers syndicats en concurrence, la CAT reste le seul syndicat qui se bat pour livrer des temps badgés comme base d’une validation du temps MAX.
    Le directeur des RH a gain de cause, car il peut retirer l’offre de faire cette phase où les RH se sont rapprochées un peu des salarié es distributeurs et – trices. Pour continuer ce combat tout seul, avec des salrié es volontaires de livrer leurs données et passer éventuellemnt aux Prud’hommes, c’est une longue affaire et il faudra tenir bon. Je suis contre un seul syndicat
    qui représente tous les salarié es – bien que ça marche pas trop mal en Allemagne -, mais dans notre cas, il faudrait peut – être faire un vote très, très fort pour que les autres syndicats ne puissent pas faire leur jeu plus que “destructeur” . Apparemment, ils n’ont pas compris que les temps ont changé et que l’on vit dans une société où tout se fait et règle par internet…

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