Des élections professionnelles encore lointaines mais l’agitation syndicale démarre déjà

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Il faudra s’y habituer. Pendant quelques semaines, les prochaines élections professionnelles dans l’entreprise vont provoquer un peu d’agitation !

La date de ces élections n’est pas encore connue, même s’il est probable qu’elles se déroulent fin janvier 2020. L’organisation n’est pas encore calée mais des organisations syndicales, habituellement plutôt discrètes, se mettent soudainement à communiquer.

Comme en politique, la période électorale dans l’entreprise est celle où on se souvient qu’on a des électeurs et, éventuellement, des salariés à défendre…

Ces organisations syndicales ressortent les vieilles recettes habituelles, au goût de parmesan avarié, pour se rappeler aux bons souvenirs des salariés, alors qu’elles les avaient un “peu” oubliés pendant quatre ans !

Les mails crépitent, les sites internet mis en sommeil entre les élections sont réactivés et paraissent, comme si de rien n’était, avoir fonctionné sans interruption.

En gros, les salariés découvrent, par miracle, que leurs représentants sont là. Pendant ces quatre dernières années ils étaient sans doute trop occupés ailleurs, à “renforcer” leurs intérêts et plaisirs personnels, pour communiquer et rendre compte. Mais l’arrivée des échéances électorales leur rappelle qu’il va falloir le faire. Et, comme d’habitude, les organisations syndicales de l’entreprise n’ont rien à dire aux salariés, alors elles parlent de la C.A.T. et de ses représentants…

Nous les remercions encore pour cette publicité permanente en notre faveur, ainsi que pour leur aveu de faiblesse syndicale chronique !

En ce qui nous concerne, nous n’avons pas encore démarré la campagne et attendons de connaitre les modalités d’organisation. Nous ne changerons pas grand chose à notre fonctionnement habituel, si ce n’est de vous présenter nos candidats et de vous expliquer notre projet, même si vous le lisez ici depuis 2017. Nous n’avons pas attendu le dernier moment pour nous exprimer en toute transparence et nous engager en faveur des salariés de l’entreprise.

Pour certains les relations sont particulières et plus discrètes. Notamment quand l’un des deux tient les cordons de la bourse du comité d’entreprise…

2 Commentaires

  1. Merci pour ces infos très variées sur les élections professionnelles à venir ( début 2020 ). Elles seront les dernières élections démocratiques avant ou parallèlement à la mise en place de la “Réforme de la représentation des salarié es dans l’entreprise”, si j’ai bien compris.
    Cette “Réforme” présentée et réalisée par le gouvernement à partir de 2020 va donc “abolir” le système de la représentation de syndicalistes au sein de l’entreprise et les éloigner du lieu de travail et et leur enlever ainsi la possibilité d’ “agiter” dans l’entreprise ( affiches, rapports des réunions etc. ). Les syndicats traditionnels ( “révolutionnaires” ) vont souffrir plus de cette Réforme que “notre CAT”, car par rapport aux méthodes anciennes des premiers, c’est la CAT qui a compris la première le changement technologique et communicative dans l’entreprise où tout est “dématérialisé” de plus en plus et où donc l’échange réel et matériel avec les salari éés est remplacé par des “badgeuses” permettant un contrôle – à l’aide de la géolocalisation et d’une communication purement abstraite par mail et voie hiérarchique morcelée où personne n’est responsable de rien, car chacun ne connaît qu’une partie isolée du travail et des responsabilités. La seule “résistance” qui reste au représentants syndicaux, c’est la “marche au tribunal avec les salarié es – qui osent le faire et qui sont assez bien muni es de preuves écrites et autres ( mails, sms etc. ) pour laisser examiner l’exactitude des données enregistrées par rapport aux heures du contrat du travail et par rapport à ce qui est demandé sur les FDRs ( kms et heures de distribution avec ou sans temps MAX – qui normalement ne devrait même pas exister, donc n’existe pas, selon l’entreprise ! ).
    Comme la CAT a choisi le status d’un syndicat autonome, elle reçoit moins d’argent que les autres syndicats traditionnels ( partie obligatoire pour les syndicats sur la fiche de paye mensuelle, partie de l’entreprise, argent versé par les membres pour leur adhésion annuelle ). Je me demande donc comment la CAT peut faire tout son travail énorme et efficace de communication sur internet et pour représenter les salarié es dans des conflits, car il faut payer tout cela !!?? Ce qui m’inquiète un peu, c’est le fait que l’abolition de la “démocratie” dans l’entreprise par la nouvelle loi coincide avec une certaine “abolition de la démocratie au sein du syndicat”, donc à la CAT aussi ( ?? !! ), car les représentants syndicaux et du personnel ( ?? ! ) ne seront plus élus, mais coopté es par les institutions du syndicat. Le rôle des sympathisants du syndicats se limitera donc au fait de lire les infos que les délégué es d syndicat leur écrivent sur internet. Ou, – ce qui serait souhaîtable quand même ! – , il faut vite devenir membre de la CAT pour éventuellement être invité e à l’AG du syndicat pour voter peut – être la liste des représentnts présentée par les instances dirigeantes du syndicat. Voilà ce que j’ai compris selon les textes très instructifs et ce que j’en conclus pour l’avenir. Si c’est le cas, ce serait une “démocratie” plutôt du haut en bas que vraiment se basant sur celles et ceux qui forment le”peuple syndicaliste”, non ?

    • Bonjour, un syndicat, c’est un peu comme une association et il ne peut vivre que de ses adhésions et des dons. Dans l’entreprise, il a aussi été négocié une subvention variable en fonction de la représentativité. Heureusement, il y a des adhérents qui donnent de leur temps bénévolement.

      Effectivement, il n’y aura plus de délégués du personnel. Les syndicalistes seront dont plus éloignés des salariés. La loi donne finalement plus de pouvoir aux syndicats car, auparavant, un DP pouvait changer d’étiquette syndicale sans perdre son mandat.

      Demain, les délégués syndicaux, qui seront 24 par organisation, pour Adrexo, seront nommés par le syndicat et pourront être révoqués à loisir.

      C’est aussi une perte de démocratie car un élu a toujours une meilleure légitimité qu’une personne désignée.

      Les syndiqués ont donc intérêts à participer à la vie du syndicat et à porter leurs avis. Pour nous, il est clair que les consignes ne viendront pas de notre fédération professionnelle, il n’y en a pas à la confédération !

      Les idées et les lignes de conduite viendront des syndiqués qui sont les salariés d’ADREXO.

      Les syndicats traditionnels vont perdre plus que nous avec cette réforme, car un élu est souvent adhérent et avec moins d’élus, c’est sans doute moins d’adhérents.

      Au delà, on voit bien que l’attitude de ces syndicats ne correspond plus à l’époque. Être rattaché à un parti politique et à une fédération n’est plus un système acceptable quand la vie est différente dans chaque entreprise.

      FO aujourd’hui vole au secours des actionnaires, c’est le monde à l’envers. On voit bien que tout cela dépasse toute logique.

      Pour nous, la priorité, c’est d’informer, pour que chacun se fasse une idée éclairée, proposer, revendiquer, et défendre en cas de besoin.

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