Refinancement du groupe Hopps ?

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Nos actionnaires, à la tête de la fulgurante succes story du moment, Hopps Group, (sic) ont annoncé à la rentrée avoir missionné la banque rothschild, pour chercher un ou des investisseurs afin de permettre la poursuite d’activité.

Début décembre, le président nous annonçait (fébrilement) un dénouement pour fin du mois.

Les actionnaires nous ont ensuite annoncé fin décembre que l’opération prenait un peu plus de temps que prévu car il fallait choisir entre 4 offres émanant de All over the World.

Le financement de 30 a 50 millions annoncé pour janvier est aujourd’hui finalement attendu pas avant le 15 février.

Pendant ce temps là, Il n’a pas été possible de payer les salariés de hopps et de colis privé à la bonne date, pour le salaire de janvier et le paiement des jours fériés des distributeurs adrexo a été « oublié » pour plus de 700 000 euros.

Pourtant, on nous répète que nos investisseurs sont prêts à faire feu, il suffit de signer l’offre, et même pour plus d’argent que prévu. Alors 30, 50, plus ?

Des propos rassurants qui permettent de voir venir l’activité qui était déjà annoncée en 2019, et qui nous a fait faux bon. Car, dès 2019, on nous avait annoncé le courrier, des montagnes de courriers, et on les a pas vu. Dommage. Mais cette fois, promis, ils arrivent.

Nous attendons donc avec beaucoup d’impatience les annonces qui vont accompagner l’arrivée de ce financement qui devrait être enfin confirmé cette semaine.

Il y aurait bien une solution si de nouveaux investisseurs n’acceptaient pas de nous prêter un peu en argent, c’est d’aller voir ceux qui ont déjà mis au pot, parfois imprudemment et qui verraient leurs placements disparaître en cas de faillite.

Pour espérer revoir les premiers deniers, il faudrait en redonner un peu, faute de quoi, tout disparaîtrait. Un choix cornélien qui pourrait parfois permettre d’acheter un peu de temps, mais qui n’apporterait que quelques subsides bien dérisoires au regard du besoin de financement.

Au delà de la régularisation des dettes de l’entreprise qui s’accumulent envers ses fournisseurs et bailleurs, qui représentent plus de 20 millions, des dettes envers les services de santé au travail qui bloquent les visites médicales des salariés, des dettes de loyers mais également des dettes Urssaf qui sont gelées pour le moment, mais qu’il va bien falloir commencer à payer un jour,. On attend avec impatience de savoir comment nos actionnaires ont prévu de mettre notre réseau en phase avec le projet qu’ils ont monté pour « retourner la boîte » et faire qu’elle puisse vivre de son activité, ce qui est le propre de toute entreprise.

Depuis janvier 2017, et l’arrivée de nos actionnaires actuels, le réseau est resté dans l’état où il était à l’époque. Quelques meubles roulants sont arrivés pour trier des courriers, qui, eux, ne sont pas apparus, et quelques étagères ont été recouvertes de colis qui ne génèrent pas assez de marge pour Adrexo afin d’inverser la tendance.

Côté colis privé, notamment en déportant des couts sur Adrexo, la situation s’améliore et permet une arrivée à l’équilibre.

Nos actionnaires claironnent un atterrissage à 9 Millions de résultat pour 2019, nous affirmons, nous, que ce sera finalement sans doute beaucoup moins, plutôt 1 Million de rex (résultat d’exploitation), et encore… avec un retour aux réalités. colis privé est par ailleurs toujours endetté vis à vis de Hopps, une situation en trompe l’œil donc, encore une fois.

On entend bien nos sauveurs : Tu sais pas ce qu’il me rappelle ? C’t’espèce de drôlerie qu’on buvait dans une petite taule de Bien Hoa, pas tellement loin de Saïgon. Les volets rouges… et la taulière, une blonde comac… Comment qu’elle s’appelait, nom de Dieu ???

Ça vous rappelle quelque chose ? C’est normal !

La gestion comptable autours d’une table bancale, à l’image du reste.

Les investisseurs qui arrivent sont donc très confiants, et en voyant notre situation, il est clair que beaucoup aimeraient placer un peu d’argent dans le groupe, c’est évident.

Nos actionnaires actuels ont toute la confiance des marchés financiers, les résultats obtenus témoignent effectivement de manière éclatante, de leur capacité à gérer.

Tout ça pour dire que c’est gagné d’avance !

L’activité IP, l’imprimé publicitaire, qui est le cœur du réacteur se porte plutôt bien, mais seulement pour notre concurrent qui annonce récemment avoir contracté avec Action. Cette annonce s’ajoute au départ d’IKEA, qui quitte Adrexo, et pourrait même arrêter de distribuer son catalogue en France.

Pour ce dernier client, d’origine scandinave, la gestion humaine des distributeurs n’était plus compatible avec ses valeurs. Le temps Max en particulier, n’était pas supportable. De source interne, le client aurait eu peur d’un mauvais retour sur sa réputation. Il testerait donc d’autres moyens de diffusion de l’information, principalement en France, dont les pratiques sociales liées à sa diffusion posaient question.

La qualité est aussi un élément déterminant qu’il faut aujourd’hui prouver et non simplement annoncer, les outils numériques d’adrexo ayant été volontairement bridés, l’entreprise accumule un retard significatif dans le domaine de la tracabilité de l’offre.

Toutes ces conséquences sont assez logiques, le réseau n’est pas aujourd’hui en phase avec le besoin des clients du fait de sa gestion privilégiant l’immobilisme mais c’est un choix de l’entreprise qui croit toujours pouvoir faire sans jamais investir.

Il faut bien reconnaître que cette technique a pu parfois fonctionner grâce à l’énergie des femmes et des hommes qui travaillent dans les agences et sur le terrain et qui arrivent à produire régulièrement des miracles mais qui sont aujourd’hui très usés par d’éternels demandes de faire toujours mieux avec toujours moins.

Le plan phœnix porté par nos actionnaires s’est singulièrement illustré par un échec. Le réseau ne s’est pas adapté, la trésorerie a disparue, toute possibilité d’évolution est aujourd’hui neutralisée par l’absence de capacité d’investissement.

Il y a donc urgence à retrouver des fonds pour structurer l’entreprise et avoir la possibilité de faire, ce pourquoi les salariés sont là, c’est à dire un travail de qualité et pouvoir reconquérir des marchés.

Il y a aussi urgence à ne pas renouveler les erreurs en investissant massivement sur le réseau et sur les femmes et hommes qui le composent. Il est le centre du dispositif, la force de l’entreprise, il doit être la priorité des dirigeants.