Colis privé et ses concurrents

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Les analystes et experts du secteur de la distribution, relayés récemment par la presse, commencent à trouver que Colis Privé pourrait profiter d’avantages déloyaux.

23 % du capital de Colis Privé est détenu par Amazon US.

Dans un monde de géant de la distribution de colis, ce concurrent fait figure de lilliputien et n’est pas souvent attaqué.

Depuis quelques jours, certains concurents s’inquiètent tout de même de la situation dont colis privé profite du fait des difficultés de sa maison mère, Adrexo et plus généralement Hopps Group.

En effet, comme l’ensemble des entreprises du groupe, colis privé a été autorisé par l’état à ne pas verser ses cotisations fiscales et sociales depuis le second semestre 2019.

Tout cela permettrait de donner un peu d’air au groupe pour se sortir de ses difficultés et diriger sa trésorerie vers des opérations directement profitables aux entreprises.

Bien entendu, il faudra payer un jour, ce n’est qu’un moratoire, pour éviter des actions des organismes collecteurs qui pourrait entraîner la mise en redressement ou liquidation judiciaire.

Colis Privé, annonce cette année, être profitable et réaliser des bénéfices mais semble profiter de même moratoire.

Au niveau social, colis privé a peu de salariés, les cotisations salariales sont donc limitées car l’entreprise utilise un réseau de nombreux sous traitants dont Adrexo qui intervient avec ses salariés chauffeurs livreurs. Un sous traitant, qui ne règlent pas non plus ses cotisations sociale, alors qu’il fait partie du même groupe d’entreprise, est aussi un élément qui favorise la rentabilité.

Et, du point de vue fiscal, avec l’augmentation du nombre de colis traités et donc l’augmentation du chiffre d’affaire, la TVA est un poste important et représente 20 % de la facturation.

Ne pas la reverser est un avantage non négligeable qui pourrait bien générer une situation profitable en trompe l’œil et surtout un avantage concurrentiel important vis à vis des concurrents qui, eux, reversent la TVA collectée.

Comme le moratoire qui devait prendre fin à plusieurs reprises a été reconduit, les concurrents commencent à s’impatienter, et s’agitent pour dénoncer une situation qui se poursuit au delà du raisonnable et qui semble de moins en moins justifiée pour cette entreprise en particulier.

Nos actionnaires communiquant sans arrêt sur la prospérité de colis privé, les concurrents trouvent un peu fort qu’il soit possible de jouer les trublions quand on est bénéficiaire d’un régime de faveur exorbitant.

Surtout qu’il se suggère que l’on pourrait alors baisser ses prix pour prendre quelques marchés et ainsi biaiser la concurrence.

C’est tous les sens de l’article paru dimanche dernier dans le JDD qui sonne comme un avertissement :

JDD du 26 janvier 2020

Si l’entreprise entendait devenir autonome en s’affranchissant de la tutelle de Hopps, elle aurait en premier lieu à reprendre le versement de sa TVA mais aussi à apurer ses dettes à ce niveau. Elle a nettement profité de hopps et d’Adrexo pour se développer, il est peu probable que les concurrents et les pouvoirs publics lui laisse consommer les deniers publiques plus longtemps, ce qui serait sans doute également mal vu de la part du contribuable.

Il est donc probable, d’une part, pour des raisons évidentes liées à l’état de trésorerie, mais aussi à l’agitation à venir sur les marchés dont celui du colis, que nous soyons assez proches d’importants évènements. Refinancement ? Restructuration ? Transformation ? L’avenir nous le dira.

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4 Commentaires

  1. Bonjour,

    Dans tous les cas, restructuration, refinancementou transformation il y aura forcément des licenciements économiques.

    D’une part parce que pour 18.000 distributeur à temps partiel Adrexo versé +10 millions d’euros de salaire par mois.

    L’entreprise fait que des mauvais choix et forcément si on rachète des entreprises et que au final ça ne rapporte rien… Forcément derrière il y aura de la casse (perte financière, plus possible de payer les loyers, les charges, la TVA etc…).

    Dans tous les cas si ils ne trouvent pas une solution il y aura forcément des pertes.

    • Bonjour,

      Pas facile de faire des licenciement dans un métier non délocalisable comme la distribution et ou des salariés demeurent indispensable pour couvrir l’ensemble du territoire.

      Et limiter la zone de couverture, c’est se priver d’une partie des clients !

  2. C’est sur mais je pense qu’ils auront pas le choix à moment ou à un autre. Prenons l’hypothèse d’un rachat par Mediapost. Mediapost disposent déjà de nombreux distributeurs. 18000 en plus ça sera sûrement de la masse salariale élevé.

    Ensuite oui limiter la zone de couverture les clients seront privés.

    Je pense qu’il y aura quand même un minimum de licenciement mais pour le moment nous en sommes pas là. Nous continuerons à être optimistes mais le pessimisme s’installe de plus en plus…

    Les dirigeants eux ne pensent pas à leurs salariés et n’auront sans doute aucun scrupule à licencier si il le faut.

    A faire à suivre, espérons de l’amélioration dans tout ça.

    • Bonjour,

      Nous ne croyons pas à une absorption par média post, tout au plus à un rachat par la poste qui pourrait laisser subsister deux entreprises malgré tout.

      Nous espérons vivement une reprise de l’activité et le développement de nouvelles pour faire que l’entreprise puisse revenir à l’équilibre.

      Cela passe nécessairement par des investissements et par une montée en qualité que nos clients attendent. Pour se faire, il est nécessaire de considérer les distributeurs comme des employés à part entière et de les rémunérer correctement afin de les fidéliser.

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