Drive To Home, acteur dans le domaine de la livraison de courses à domicile est sur le point de fermer.

Depuis des mois, les salaires étaient versés avec beaucoup de retard alors que le nombre de salariés à énormément baissé (environs 70 à date) au profit d’un nouveau modèle économique par l’utilisation de sous-traitants.

L’entreprise a ainsi basculé d’un modèle de salariés non payés à un modèle d’entrepreneurs pas d’avantage payés mais avec moins de facilité pour forcer l’entreprise à le faire, les sous-traitants n’ayant pas accès à l’A.G.S. (organisme de garantie des salaires) et étant plus facile à remplacer s’ils n’étaient pas suffisamment gentils.

Les sous traitants « affamés » se manifestent pour faire valoir leurs droits et réclament ensemble environs 2 millions d’euros alors que l’URSSAF tente de récupérer plus de 4 millions.

L’entreprise n’aurait aucune trésorerie et fait intervenir, comme c’était l’usage dans les entreprises du feu groupe « Hopps », un organisme d’affacturage qui avance le montant des factures émises à la semaine et qui souhaiterait d’ailleurs cesser ses versements n’ayant pas été informé du changement de fonctionnement de l’entreprise (salariés vers sous-traitants).

Cette gestion coûte évidement des frais et devient très dangereuse quand elle systématise l’affacturage et ne génère jamais la moindre trésorerie. Une gestion « à la petite semaine »…

D’autre part, comme c’était également l’usage sous Hopps, c’est le groupe (GAIOS aujourd’hui) qui gère l’argent de toutes les filiales dans une « bourse » unique, ce procédé (cependant légal) entretient un flou sur la réalité des finances disponibles et le tribunal de commerce ne manquera sans doute pas de remarquer qu’il y a la un vrai risque.

Le groupe GAIOS a l’envergure d’un épicier de quartier aujourd’hui et rien ne participe à donner une chance à cette entreprise qui a un déficit chronique et génère donc de la dette jour après jour.

Dès juillet 2025, l’URSSAF avait sollicité le tribunal de commerce et c’est finalement après la signature de moratoires qu’elle revient à la charge aujourd’hui constatant qu’en générant toujours du déficit, l’entreprise a peu de chance d’honorer ses obligations.

Bizarrement, le tribunal de commerce d’Aix se serait déclaré incompétent au profit de celui de Marseille au motif que l’entreprise dépasserait les seuils autorisant le recours au tribunal localement compétent, ce qui ne semble pourtant pas le cas. Peut-être s’agit-il de grouper tous les dossiers de liquidation dont les dirigeants sont titulaires, et ils sont nombreux !

Depuis le placement en redressement judiciaire (que l’entreprise contesterait), l’AGS devrait intervenir pour le versement des salaires de juin, qui n’ont pas été versés, pour la période du 1er au 24, mais c’est à l’entreprise d’assurer le paiement depuis sa mise en procédure collective, soit du 25 au 30 juin, ce qui n’a pas d’avantage était fait.

Le comportement des dirigeants qui tenteraient de museler les sous traitants pour minimiser les réclamations financières troublent aussi le jeu et ne devraient pas rassurer les parties.

En outre, un dirigeant promet un apport en numéraire mais qui est très insuffisant pour combler une partie significative du trou abyssale et désormais incontrôlable et la ficèle est un peu grosse pour tenter d’impressionner les mandataires judiciaires et le tribunal surtout que le dit dirigeant se serait bien abstenu de verser effectivement les fonds.

A date, la conversion de la procédure de redressement en liquidation judiciaire semble inéluctable.

Pour les salariés, la prise en charge de l’AGS étant limitée à 45 jours, il est urgent de faire cesser cette fuite en avant puisqu’elle engagerait la responsabilité des mandataires judiciaires s’ils tardaient à se signaler dans l’impossibilité de faire fasse aux charges courantes. L’AGS cessera sa garantie sur les salaires le 15 juillet (sachant que les indemnités, préavis et autres sont aussi garantis à part).

Pour les sous traitants, ce sera une pure perte, les actifs n’étant pas de nature à permettre le moindre paiement aux créanciers non prioritaires.

Une histoire écrite depuis des années… aucune surprise dans ces événements à venir.


En savoir plus sur Syndicat C.A.T. Milee (ADREXO)

Subscribe to get the latest posts sent to your email.