Il n’y a plus grand chose à dire sur l’échec de la distribution et il s’agit aujourd’hui de savoir si l’opération qui devait être très rentable ne va se transformer en gouffre financier.

Le poids des documents

En premier lieu, il faut considérer le poids des documents qui est moins élevé que prévu en raison d’un nombre de candidats inférieur aux prévisions.

Moins de profession de foi, mois de bulletins, et ce sont des enveloppes finalement moins lourdes.

La facturation qui se fait selon le poids de chaque groupe d’enveloppes ne sera donc pas aussi élevée que prévue.

Au final, Eric PAUMIER annonce aux sénateurs un chiffre d’affaire de 25 Millions d’euros avec une marge de 10 %

Des couts en baisse ?

Face à la difficulté de trouver des intérimaires, l’entreprise n’a pas pu recruter les 20 000 personnes prévues et n’aura donc pas à payer autant de salariés que prévu.

En faisant appel à des réseaux d’entreprises de travail temporaire « on line », les intérimaires ont été – trop – rares, c’est d’ailleurs en grande partie l’origine des problèmes rencontrés.

5 millions de plis confiés à la poste

Devant l’incapacité constatée au premier tour de distribuer sur certaines zones, faute de recrutement possible, Adrexo a du sous traiter 5 millions de plis du second tour à son concurrent La Poste.

Autant de chiffre d’affaire en moins, même si, la aussi, il y aura une compensation en coûts puisqu’il n’y aura pas de salariés à payer pour ce travail.

Eric PAUMIER a indiqué aux sénateurs que 2 Millions d’euros serait reversé à la Poste a ce titre.

Il s’agit tout de même forcément d’un manque a gagner sur la marge bénéficiaire escomptée.

Les pénalités

Enfin, le ministère de l’intérieur a indiqué que le contrat prévoyait des pénalités sans préciser leurs montants et si il entendait les mettre en œuvre.

Toutefois, dans le contexte extrêmement tendu avec en particulier les travaux des commissions parlementaires, on voit mal comment l’entreprise pourrait échapper à quelques sanctions financières.

Pénalités qui ne seront sans doute pas compenser par la vente des centaines de tonnes de papier non distribués qu’il faut aujourd’hui recycler.

Une aide de Bercy ?

En interne, ce travail avait été présenté comme un coup de main de l’état pour redresser l’entreprise sur un marché qu’elle savait exécuter et qui permettait – enfin – une mise en concurrence sur la distribution postale.

Le CIRI, service de Bercy (Ministères des finances et du budget) qui coordonne les aides techniques et financières pour soutenir le groupe dans ses difficultés intervient depuis 2019 sur ce dossier, époque ou Monsieur DARMANIN était locataire de Bercy en qualité de ministre du budget.

Aujourd’hui à l’intérieur, le dossier Hopps ne lui est donc sans doute pas inconnu.